Guillaume Farel a été, au début du 16ème siècle, un réformateur important dans le monde francophone.
Né à Gap en 1489, il devint, dès son adhésion aux idées de la Réforme, l'envoyé du puissant canton de Berne pour " évangéliser " les terres francophones.
C'est ainsi qu'il arriva à Neuchâtel où son action et ses discours connurent un impact décisif contribuant largement à rallier les habitants de ce comté à la nouvelle religion. Usant de tous les moyens de communication possible de l'époque, place publique, auberge et même le tribunal, il se plaisait à transgresser certaines lois pour obtenir le droit d'être jugé. Il profitait alors d'inclure dans sa défense l'annonce de l'évangile. Bien avant l'heure, il avait compris que l'essentiel en communication consistait à occuper le terrain même si c'est dans la polémique et au détriment de sa respectabilité personnelle. En comparaison d'un Calvin qui a eu le mérite de penser la Réforme sur la plan intellectuel Farel aura commencé à lui donner un aspect populaire. Il fut à cet égard le complément pratique indispensable au théoricien. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si, en fin de compte, Farel sera l'artisan du retour de Calvin à Genève avec le succès que l'on sait.
L'appellation FAREL s'inspire volontairement de l'histoire du réformateur aussi bien pour le prix récompensant la meilleure émission télévisée à thématique religieuse que pour le séminaire qui a lieu les années intermédiaires.
La télévision représente aujourd'hui la place publique. Même si les temps ont changé depuis le début du 16ème siècle, la question reste la même : comment aujourd'hui donner impact et pertinence à la dimension religieuse ?
En alternant PRIX et Séminaire, les organisateurs entendent offrir aux producteurs et aux publics intéressés l'occasion de confronter leurs points de vue dans ce domaine.
En 1967, les Eglises réformées de Suisse romande ont institué un Prix pour récompenser le réalisateur de la meilleure émission protestante diffusée sur la Télévision suisse romande. Ce prix portera le nom de FAREL, le réformateur français qui marqua de sa forte influence le paysage confessionnel de la Romandie, et en particulier celui de Neuchâtel.
A partir de 1970, c'est un pasteur qui sera formé pour assurer la réalisation des émissions religieuses de la Télévision suisse romande. Dès lors, l'objectif initial n'a plus de sens. Le prix aurait été sans cesse décerné au même bénéficiaire !
Dès 1973, il sera donc élargi de façon oecuménique aux émissions religieuses de langue française (TF1, RTBF et Radio Canada). En 1984 il s'ouvre aux pays latins et en 1990 aux émissions de TV locales (câblées ou herziennes).
Très rapidement "Farel" sera le lieu privilégié de rencontres et d'échanges entre professionnels de la télévision religieuse. Devenu biennal - décerné à Neuchâtel les années paires - il a été complété par un séminaire décentralisé organisé les années impaires par les partenaires européens. C'est l'occasion d'une réflexion commune sur les grandes questions qui se posent aux producteurs et réalisateurs des émissions religieuses de pays qui partagent la même culture.
Depuis 1998 le Prix FAREL intègre les émissions à vocation non religieuse qui traitent occasionnellement une thématique religieuse. Ces émissions sont rassemblées dans une catégorie appelée " Profane " dotée d'un prix identique à celui de la catégorie " Eglises " qui regroupe les émissions à vocation religieuse qui ont un lien structurel avec les Eglises.
Le 12 janvier 2006 une assemblée constitutive a permis de créer « l’Association Prix Farel » dont les membre appartiennent aux principaux partenaires de ce Prix, à savoir :
- L'Office Protestant des Médias des Eglises de Suisse Romande
- Le Centre catholique de Radio et Télévision en Suisse Romande
- La ville de Neuchâtel
- L’Eglise Réformée Evangélique du canton de Neuchâtel
- L’Eglise catholique-romaine de Neuchâtel
Pour l’édition 2006 les émissions seront réparties en 3 catégories selon leur durée (format court – moyen – long) et le concours sera appelé « Festival international du film à thématique religieuse ».
Thierry Béguin, ancien conseiller d’Etat et procureur de la République et canton de Neuchâtel
Cédric Pillonel, attaché de presse de la Fédération des paroisses catholiques de Neuchâtel et membre de l’Association du Centre Catholique de Radio et Télévision (CCRT)